Résolution sur la Côte d'Ivoire du Conseil de sécurité de l'ONU
Conseil de sécurité, CS/2443, 4700e séance
| New York, le 4 février 2003 | |||
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Le conseil demande à toutes les forces politiques ivoiriennes d'appliquer pleinement et sans délai l'accord de Linas-Marcoussis. Il autorise les forces de la CEDEAO et de la France en Côte dIvoire à prendre les mesures pour assurer la sécurité de leurs personnels et la protection des civils immédiatement menacés. Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à lindépendance, à lintégrité territoriale et à lunité de la Côte dIvoire, et considérant que la situation dans ce pays constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales dans la région, le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a autorisé cet après-midi les États membres participant à la force de la Communauté économique des États de lAfrique de lOuest (CEDEAO), de même que les forces françaises qui les soutiennent, à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la liberté de circulation de leurs personnels. La résolution 1464 (2003) adoptée à lunanimité les autorise également à assurer, sans préjudice des responsabilités du Gouvernement de réconciliation nationale, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques à lintérieur leurs zones dopérations et en fonction de leurs moyens, pour une période de six mois. À lissue de cette période, précise la résolution, le Conseil de sécurité évaluera la situation sur la base des rapports périodiques qui lui seront soumis par le commandement de la CEDEAO et par la France. Par ailleurs, le Conseil de sécurité demande à toutes les forces politiques ivoiriennes dappliquer pleinement et sans délai lAccord de Linas-Marcoussis, signé le 24 janvier 2003. Il prend note des dispositions de lAccord prévoyant la formation dun gouvernement dunion nationale, et appelle les forces politiques ivoiriennes à travailler avec le Président et le Premier Ministre à la mise en place dun gouvernement équilibré et stable. Prenant note des dispositions de lAccord de Linas-Marcoussis prévoyant la mise en place dun Comité de suivi, le Conseil appelle les membres de ce comité à surveiller étroitement le respect des termes de lAccord et demande à toutes les parties de coopérer pleinement avec lui. Le Conseil condamne les graves violations des droits de lhomme et du droit international humanitaire intervenues en Côte dIvoire depuis le 19 septembre 2002 et soulignent la nécessité de traduire en justice leurs responsables. Il demande à toutes les parties, notamment au Gouvernement, de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher de nouvelles violations, en particulier à lencontre des populations civiles et ce quelles que soient leurs origines. Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de lui présenter dans les meilleurs délais des recommandations sur la façon dont les Nations Unies pourraient soutenir pleinement la mise en uvre de lAccord, et se déclare prêt à prendre des mesures appropriées sur la base de ces recommandations. Il prie enfin le Secrétaire général de nommer son Représentant spécial pour la Côte dIvoire sans tarder. Le Conseil de sécurité était saisi du document S/2003/99 qui contient une lettre adressée le 27 janvier 2003 par le Représentant permanent de la France au Président du Conseil de sécurité à laquelle figure en annexe le texte de lAccord de réconciliation adopté par la Table ronde des forces politiques ivoiriennes réunies à Linas-Marcoussis, France, du 15 au 23 janvier ainsi que les conclusions adoptées par la Conférence des chefs dÉtat sur la Côte dIvoire réunie à Paris les 25 et 26 janvier. LA SITUATION EN CÔTE DIVOIRE Projet de résolution S/2003/140 Le Conseil de sécurité Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à lindépendance, à lintégrité territoriale et à lunité de la Côte dIvoire, Rappelant l'importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale, Rappelant la décision prise par les chefs dÉtat de la Communauté économique des États dAfrique de lOuest (CEDEAO) lors du Sommet dAccra du 29 septembre 2002 de déployer une force de maintien de la paix en Côte dIvoire, Rappelant également son plein soutien aux efforts déployés par la CEDEAO, en vue de promouvoir un règlement pacifique du conflit, et appréciant également les efforts déployés par lUnion africaine pour parvenir à un règlement, Se félicitant de la tenue, à linvitation de la France, de la Table ronde des forces politiques ivoiriennes, à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003, ainsi que de la Conférence des chefs dÉtat sur la Côte dIvoire, à Paris les 25 et 26 janvier 2003, Se félicitant du communiqué publié le 31 février 2003 à lissue du vingt-sixième Sommet extraordinaire des chefs dÉtat et de gouvernement de la CEDEAO qui sest tenu à Dakar ainsi que du communiqué publié le 3 février 2003 à lissue de la septième session ordinaire au niveau des chefs dÉtat de lOrgane central du Mécanisme de lUnion africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits, Prenant note de lexistence de défis pour la stabilité de la Côte dIvoire et considérant que la situation en Côte dIvoire constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales dans la région. 1. Fait sien laccord signé par les forces politiques ivoiriennes à Linas-Marcoussis le 24 janvier 2003 (S/2003/99) (« lAccord de Linas-Marcoussis »), approuvé par la Conférence des chefs dÉtat, et demande à toutes les forces politiques ivoiriennes de lappliquer pleinement et sans délai ; 2. Prend note des dispositions de lAccord de Linas-Marcoussis prévoyant la formation dun gouvernement de réconciliation nationale et appelle les forces politiques ivoiriennes à travailler avec le Président et le Premier Ministre à la mise en place dun gouvernement équilibré et stable ; 3. Prend note également des dispositions de lAccord de Linas-Marcoussis prévoyant la mise en place dun Comité de suivi, appelle les membres de ce comité à surveiller étroitement le respect des termes de lAccord et demande à toutes les parties de coopérer pleinement avec le Comité ; 4. Remercie le Secrétaire général du rôle essentiel quil a bien voulu jouer dans le bon déroulement de ces réunions, et lencourage à continuer sa contribution au règlement définitif de la crise ivoirienne ; 5. Prie le Secrétaire général de lui présenter dans les meilleurs délais des recommandations sur la façon dont les Nations Unies pourraient soutenir pleinement la mise en oeuvre de lAccord de Linas-Marcoussis, conformément à la demande émanant de la Table ronde des forces politiques ivoiriennes et de la Conférence des chefs dÉtat sur la Côte dIvoire, et se déclare prêt à prendre des mesures appropriées sur la base de ces recommandations ; 6. Salue lintention du Secrétaire général de nommer son Représentant spécial pour la Côte dIvoire, basé à Abidjan, et le prie de bien vouloir procéder à cette nomination sans tarder ; 7. Condamne les graves violations des droits de lhomme et du droit international humanitaire intervenues en Côte dIvoire depuis le 19 septembre 2002, souligne la nécessité de traduire en justice les responsables et demande à toutes les parties, notamment le Gouvernement, de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher de nouvelles violations des droits de lhomme et du droit international humanitaire, en particulier à lencontre des populations civiles quelles que soient leurs origines ; 8. Se félicite du déploiement de la force de la CEDEAO et des troupes françaises pour contribuer à une solution pacifique à la crise, et en particulier à la mise en oeuvre de lAccord de Linas-Marcoussis ; 9. Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, et conformément à la proposition contenue au paragraphe 14 des conclusions de la Conférence des chefs dÉtat sur la Côte dIvoire (S/2003/99), autorise les États membres participant à la force de la CEDEAO en vertu du Chapitre VIII, de même que les forces françaises qui les soutiennent, à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la liberté de circulation de leurs personnels et pour assurer, sans préjudice des responsabilités du Gouvernement de réconciliation nationale, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques à lintérieur de leurs zones dopérations et en fonction de leurs moyens, pour une période de six mois à lissue de laquelle le Conseil évaluera la situation sur la base des rapports mentionnés au paragraphe 10 ci-dessous et discutera du bien-fondé du renouvellement de lautorisation ; 10. Prie la CEDEAO, au travers de son commandement, et la France de lui faire périodiquement rapport sur tous les aspects de lexécution de leurs mandats respectifs, par lintermédiaire du Secrétaire général ; 11. Appelle tous les États voisins de la Côte dIvoire à soutenir le processus de paix en évitant toute action de nature à porter atteinte à la sécurité et à lintégrité territoriale de la Côte dIvoire, en particulier le passage de groupes armés et de mercenaires au travers de leurs frontières et la circulation et la prolifération illicites dans la région darmes, notamment de petites armes et darmes légères ; 12. Décide de rester activement saisi de la question. |
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Sahnoun-Tavernier Samy