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Direction générale de l'urbanisme l'habitat et de la construction
De trop nombreuses personnes et familles, souvent parmi les plus défavorisées,
vivent dans des logements, ou locaux d'hébergement insalubres,
exposant à un risque d'intoxication par le plomb ou en situation
de péril, voire précaires.
L'ampleur du phénomène, bien qu'encore inégalement
connue est manifestement plus importante que ce qu'une appréhension
rapide de l'amélioration du parc existant peut laisser penser ;
plus gravement, ce phénomène lié au manque d'entretien
du bâti, à l'extrême pauvreté ou à la
vulnérabilité de certaines personnes, parfois soumises à
une véritable exploitation humaine, risque de s'aggraver, si l'on
n'exerce pas de vigilance.
A l'aube du XXIe siècle, dans une société qui s'est
enrichie, ces conditions d'habitat contraires à la dignité
humaine, sont inacceptables.
L'éradication de cet habitat indigne constitue donc une priorité
absolue de l'action du Gouvernement, compte tenu des enjeux fondamentaux
qu'elle recouvre en matière de santé publique et de lutte
contre les exclusions par le logement. Elle doit être expressément
prévue dans les politiques locales de l'habitat et les actions
de renouvellement urbain, ou d'amélioration de l'habitat, et être
explicitement prise en compte dans les différentes formes d'action
contractuelle ou de programmation entre les collectivités territoriales
et l'Etat.
A l'initiative de la France, le sommet européen de Nice (décembre
2000) a prévu que chaque Etat membre élabore un plan national
d'action pour l'inclusion (PNAI). Le plan français comporte un
volet significatif de mesures en faveur de l'éradication de l'habitat
indigne.
D'ores et déjà pour préparer la mise en place de
ce plan, un programme d'action prioritaire sur les territoires des onze
départements parmi les plus concernés a été
annoncé et présenté au conseil des ministres. Ces
départements sont les Bouches-du-Rhône, le Gard, l'Hérault,
le Var, le Rhône, le Nord, le Pas-de-Calais, les Hauts-de-Seine,
la Seine-Saint-Denis le Val-de-Marne et Paris.
Ce programme n'est pas limité à ces onze départements
et le Gouvernement proposera au premier semestre 2002 un plan pluriannuel
sur cinq ans d'éradication de l'habitat indigne pour tout le territoire
national.
Pour atteindre cet objectif, l'action publique peut désormais
s'appuyer sur un cadre législatif profondément rénové
et complété, ainsi que sur des mesures financières
revalorisées, constitués par :
- la loi relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet
1998, dans ses mesures d'urgence contre le saturnisme ;
- la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains
du 13 décembre 2000, dans ses dispositifs relatifs à la
lutte contre l'insalubrité, le péril et les locaux d'hébergement
dangereux. Elle a, par ailleurs, introduit la notion de logement décent
dans les rapports locatifs et dans les conditions de versement des aides
personnelles au logement ;
- la réforme de l'Agence nationale pour l'amélioration de
l'habitat (ANAH) ;
- la revalorisation des financements apportés par l'Etat, tant
pour les actions publiques à mener que pour les travaux de sortie
d'insalubrité ou du péril.
Il vous appartient, dans ce contexte, de coordonner l'action publique
dans votre département, d'organiser le rôle de chacun des
services placés sous votre autorité de la façon la
plus efficace, et de mobiliser tous les partenaires concernés -
opérateurs, associatifs ou non, SEM, organismes HLM. ADIL, observatoires
régionaux de la santé... pour contribuer à la mise
en uvre de cette priorité.
La lutte contre l'habitat - ou d'autres formes d'hébergement -
insalubre constitue le volet le plus important de votre action. Dans ce
domaine, il vous appartient de rappeler, le cas échéant
aux maires concernés le rôle spécifique des services
communaux d'hygiène et de santé (SCHS), qui, en application
du 3o alinéa de l'article L. 1422-1 du code de la santé
publique, exercent sur le territoire concerné, la compétence
en matière d'insalubrité, au nom de l'Etat.
A. - Les axes d'action
La volonté du Gouvernement d'éradiquer l'habitat indigne
en France sur cinq ans nécessite que tous les départements
se mobilisent dès à présent et engagent sans attendre
les actions suivantes :
1. Repérer les situations d'habitat indigne
et qualifier le phénomène
Le repérage et le diagnostic des phénomènes d'insalubrité,
d'insécurité, de précarité dans l'habitat
sont des préalables à la définition de vos priorités
d'action et à la négociation avec les collectivités
territoriales concernées. Aussi, la mise en place d'une approche
méthodologique adaptée au contexte de votre département
s'impose.
A cette fin, l'exploitation des indicateurs et dispositifs existants
notamment dans le cadre de la lutte contre les exclusions doit permettre
à vos services et aux SCHS de repérer les zones ou cas de
logements indignes et, notamment, d'identifier et de qualifier l'insalubrité
: recensements des arrêtés d'insalubrité existants,
des plaintes, des signalements des cas de saturnisme infantile et de risque
d'accessibilité au plomb, analyse des motifs des demandes prioritaires
de logement ou de relogement (numéro unique), exploitation des
fichiers du fond de solidarité pour le logement (FSL)...
Dans les onze départements pilotes, vous vous appuierez également
sur les éléments de l'étude commandée par
la DGHUC et réalisée par le bureau d'étude SQUARE,
dont l'objet était, à partir d'indicateurs d'origine fiscale
croisés avec les tranches de bas revenus, d'identifier des territoires
susceptibles de receler un habitat indigne et donc d'orienter, sur ceux-ci,
des enquêtes plus précises. La méthodologie issue
de ce travail pourra être utilement exploitée par les autres
départements.
Le repérage de ces habitats indignes, notamment insalubres, peut
être complété par tous travaux d'études : évaluations
et bilans d'OPAH, exploitation d'études préopérationnelles,
de suivi-animation ou de MOUS déjà engagées, études
de PLH...
La création d'un observatoire de l'habitat existant, intégrant
l'insalubrité, le péril, le risque d'accessibilité
au plomb, les garnis et meublés, les copropriétés
extrêmement vétustes, l'habitat précaire pourrait,
de surcroît, vous permettre de capitaliser une connaissance fiable
et vivante des situations d'habitat indigne dans votre département
; vous disposeriez ainsi d'éléments vous permettant de prévenir
le développement de situations d'habitat indigne, toujours liées
à une absence d'entretien du bâti, issu ou facteur de dévalorisation,
conjuguée avec des situations d'occupation par des personnes défavorisées.
2. Cibler les programmes d'action sur les situations
d'habitat indigne et mettre en uvre les dispositifs de la loi relative
à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU)
En première urgence, sur les territoires de votre département
notoirement touchés par l'habitat insalubre, vous vous attacherez
à mettre en uvre effectivement les dispositifs de la loi
SRU, qui sont d'application immédiate. Cette loi renforce considérablement
les possibilités de l'action publique dans le domaine de la lutte
contre l'insalubrité et le péril, par des mesures coercitives
et des mesures incitatives.
Les principales novations de la loi SRU visent à assurer l'efficacité
et la sécurité des procédures, tant en insalubrité
qu'en péril, à faciliter les travaux par le propriétaire
ou, en cas de carence, par la collectivité locale ou l'Etat, à
conforter la protection du locataire ou de l'occupant de bonne foi, et
à responsabiliser le propriétaire par une mise à
sa charge du coût du relogement éventuel en sus de celui
des travaux. La loi a renforcé et unifié les sanctions pénales
à l'encontre des propriétaires de mauvaise foi, tant en
cas de péril qu'en cas d'insalubrité. Ces mesures sont applicables
à toutes les formes d'hébergement et à leurs exploitants.
Par ces dispositions, très rigoureuses, la loi a des effets fortement
dissuasifs : l'objectif est d'engager les propriétaires à
réaliser les travaux indispensables à l'amélioration
des conditions de vie de leurs occupants et au respect de leur dignité
; les mesures financières adoptées, notamment, par l'ANAH
répondent à cette nécessité.
Dans le domaine de l'insalubrité, la loi SRU a fusionné
les anciennes procédures relatives au traitement des immeubles
et des îlots (anciennement L. 26 et L. 36 du code de la santé
publique) ; elle a créé pour l'Etat l'obligation d'instruire
les dossiers présentés par les maires ou les présidents
des établissements publics de coopération intercommunale
compétents. Cette obligation d'instruction s'étend également
aux plaintes de tout locataire ou occupant concerné et relève
dans les communes dotées d'un SCHS, de la responsabilité
de celui-ci. Il convient de considérer que le rôle des communes,
qu'elles disposent ou non d'un SCHS, demeure, dans tous les cas, très
important : l'assistance des maires ou de leurs représentants dans
l'instruction des plaintes constitue un maillon essentiel du dispositif,
tant au niveau de la gestion de l'information disponible localement, que
de l'assistance dans la recherche et la mise en uvre de solutions
concrètes.
Concernant l'exécution de l'arrêté d'insalubrité,
le nouveau dispositif prévoit le renforcement des processus de
travaux d'office et des garanties accrues de récupération
des créances sur le propriétaire défaillant, par
l'inscription d'une hypothèse légale sur l'immeuble concerné
: cela crée les conditions d'une généralisation des
travaux d'office, facilitée également par des financements
expressément prévus à ce titre. Enfin, des mécanismes
nouveaux sont proposés aux propriétaires, intéressant
surtout les occupants modestes, pour leur permettre de rester dans les
lieux tout en bénéficiant des travaux de sortie d'insalubrité.
La protection des occupants est assurée par la suspension du paiement
du loyer (avec pour corollaire celle du versement des aides personnelles)
dès le premier jour du mois suivant la notification de l'arrêté
d'insalubrité. L'obligation d'hébergement ou de relogement
des locataires et occupants repose sur le propriétaire ; en cas
de carence de celui-ci, l'hébergement ou le relogement est effectué
par la collectivité publique, à la charge du propriétaire.
Les dispositifs juridiques concernant les arrêtés de péril
pris sur les immeubles menaçant ruine à usage d'habitation
ont été alignés sur ceux de l'insalubrité
en ce qui concerne, en particulier, le droit des occupants, le relogement
et les sanctions pénales.
Sur le plan financier, la réforme de l'ANAH permet de mieux financer
les interventions dans le domaine de la santé publique, relevant
de l'insalubrité ou de la lutte contre l'exposition au plomb, ainsi
que les interventions sur les immeubles menaçant ruine, jusque
là exclues du bénéfice des subventions (voir annexe).
3. Mobiliser les outils contractuels et structurer
les partenariats
La réalisation des programmes d'action contre l'habitat indigne
implique qu'un volet consacré au traitement de l'insalubrité
(ainsi que des autres formes d'habitat indigne) soit systématiquement
intégré dans tous les dispositifs contractuels, opérations
ou actions d'aménagement, tels que les plans départementaux
d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD)
et les FSL, les programmes locaux de l'habitat (PLH), les opérations
programmées d'amélioration de l'habitat (OPAH), les périmètres
de restauration immobilière (PRI)...
Le traitement de l'insalubrité, voire du saturnisme, dans tous
ces mécanismes, nécessite un travail de prise en compte,
en amont, des questions d'hébergement et de relogement. Ainsi,
dans le cadre global du PDALPD, vous attacherez la plus grande importance
à l'identification des besoins, à titre provisoire ou définitif,
des personnes vivant dans des conditions avérées d'insalubrité.
Cela implique notamment de procéder à l'évaluation
précise du nombre de logements nécessaires pour satisfaire
aux besoins d'hébergement et de relogement. Cette évaluation
doit également prendre en compte les critères de localisation
afférents aux besoins recensés.
La même préoccupation doit être présente dans
tous les outils opérationnels et vous y veillerez particulièrement.
Tous les mécanismes doivent être explorés et ressources
mises à contribution - mobilisation du contingent préfectoral,
accords collectifs, travail sur la vacance, baux à réhabilitation
ou emphytéotiques, logements-tiroirs à organiser dans les
opérations d'aménagement (opérations de restauration
immobilière ou de résorption de l'habitat insalubre, par
exemple).
Vous inviterez les organismes d'HLM de votre département, ainsi
que les collecteurs du 1 %, a pleinement collaborer à cette action.
L'efficacité de la politique départementale de lutte contre
l'habitat insalubre suppose nécessairement l'établissement
de partenariats forts avec l'ensemble des acteurs locaux. Parmi ceux-ci
figurent au premier rang les collectivités territoriales concernées
(communes, établissements publics de coopération intercommunale,
départements...). Vous vous attacherez, notamment, à solliciter
les communes dotées d'un service communal d'hygiène et de
santé exerçant une mission de lutte contre l'insalubrité
au nom de l'Etat, et percevant, à ce titre, une dotation globale
de décentralisation (DGD) ; ces villes, grâce à ce
service, disposent de moyens de repérage et de diagnostic de l'insalubrité
leur permettant de définir une politique.
Bien d'autres acteurs locaux doivent être mobilisés, tels
que les caisses d'allocations familiales, de mutualité sociale
agricole, les observatoires régionaux de santé, les agences
départementales d'information sur le logement (ADIL) ainsi que
les travailleurs sociaux et les professionnels de santé, amenés
à connaître les conditions de vie des familles.
De même, vous pourriez utilement mobiliser ces différents
partenaires en organisant une réunion spécifique de la commission
de l'action sociale d'urgence (CASU) qui, outre les services de l'Etat
compétents, des représentants du conseil général,
des communes, des organismes de protection sociale, des associations...,
peut associer également des partenaires plus particulièrement
concernés par la problématique logement.
Enfin, l'implication d'opérateurs dans cette mission est essentielle,
et il vous appartient de mobiliser les milieux professionnels intervenant
dans l'aménagement ou l'habitat, tels que les organismes d'HLM,
les SEM, les organismes intervenant dans l'habitat existant, parmi lesquels
les Pact Arim et les CDHR, ainsi que l'ensemble des professionnels compétents.
Les mécanismes opérationnels prévus par la loi SRU
pour faciliter les travaux - travaux d'office, baux à réhabilitation
ou emphytéotiques - impliquent, en effet, l'intervention d'opérateurs
efficaces.
Pour mieux structurer ces partenariats et mettre en place un dispositif
efficace de lutte contre l'habitat indigne, vous vous attacherez à
contractualiser avec les communes ou agglomérations les plus concernées
(parmi lesquelles les communes dotées d'un SCHS) sur un programme
d'action pluriannuel et révisable, faisant apparaître clairement
les engagements précis et quantifiés de chaque partenaire,
et répondant à des objectifs quantitatifs et qualitatifs.
Ces protocoles d'accord s'appuieront sur un diagnostic ayant fait apparaître
les formes et les localisations de l'habitat indigne - diffus, zones périphériques
ou quartiers anciens, copropriétés... - justifiant un traitement
différencié. Ces protocoles associeront utilement les différents
partenaires cités ci-dessus, sans l'intervention desquels les objectifs
ne pourront être atteints.
L'efficacité des programmes de lutte contre l'habitat indigne
implique que des dispositifs de veille, des observatoires, relatifs, par
exemple, au relogement, à l'entretien des bâtiments réhabilités,
aux difficultés sociales, soient mis en place pour assurer un suivi,
selon des modalités qu'il vous appartient de susciter ou de mettre
en place, au plan local.
4. Renforcer les modes de travail en commun des
services de l'Etat sous votre autorité
La lutte contre l'habitat indigne couvre un large champ de responsabilités
liant, notamment, les compétences de la DDASS et de la DDE avec
celles des directions de la préfecture. Dès lors, afin de
garantir la plus grande efficacité des actions de l'Etat et mutualiser
les compétences dans ce domaine, il vous appartient de mettre en
place les méthodes de travail adéquates entre les différents
services de l'Etat concernés, dont une des formules opportunes
pourrait être la constitution d'un pôle de compétence
traitant de la lutte contre l'habitat indigne. Dans certaines situations
spécifiques, la conservation des hypothèses ainsi que les
services gestionnaires d'espaces protégés (service départemental
de l'architecture et du patrimoine, directions régionales des affaires
culturelles, directions régionales de l'environnement) devront
également être mobilisés pour garantir l'unité
des actions de l'Etat et accroître sa capacité d'expertise.
Les dispositions nouvelles instaurées par la loi SRU impliquent
une intervention active des services de préfecture directement
placés sous votre autorité et nécessitent, également,
d'associer la conservation des hypothèses au travail à réaliser.
Pour les situations départementales correspondant à un
volume d'activité particulièrement important, et notamment
celles répertoriées dans le cadre du programme d'action
prioritaire, vous apprécierez la nécessité de créer
une structure de collaboration entre les services dont la nature sera
adaptée aux besoins rencontrés.
B. - Les moyens spécifiques,
opérationnels et financiers mis à votre disposition
1. Un groupe d'appui interministériel
et un pôle d'expertise national à caractère interministériel
de lutte contre l'habitat indigne
Le groupe d'appui interministériel, placé directement auprès
des ministres concernés, assure le pilotage politique du programme
d'action prioritaire ainsi que l'élaboration du plan quinquennal.
Il est composé des représentants des ministères chargés
du logement et de la santé, auxquels sont associés des représentants
de l'ANAH, de la caisse des dépôts et consignations et d'opérateurs
parmi lesquels la fédération nationale des PactArim.
Un pôle d'expertise national, à caractère interministériel,
de lutte contre l'habitat indigne est constitué sous l'égide
commune du ministère de la santé et du secrétariat
d'Etat au logement. La vocation de ce pôle est de constituer et
pérenniser, au sein de l'Etat, une capacité d'expertise,
de suivi et d'évaluation des politiques de lutte contre l'habitat
indigne sur l'ensemble du territoire ; il apportera un appui permanent
aux services de l'Etat, en premier lieu dans les onze départements
pilotes et, en tant que de besoin, sur l'ensemble du territoire national,
à caractère technique et juridique, notamment pour faciliter
la mise en uvre effective des nouvelles dispositions de la loi "
SRU ", ainsi qu'aux collectivités locales et aux opérateurs.
Parmi ses missions prioritaires figurent la formation, l'animation des
réseaux locaux et la capitalisation des expériences. Ce
pôle d'expertise national sera votre interlocuteur privilégié.
Il sera animé par Mme Bouché (Nancy), inspectrice générale
de l'équipement.
2. Des aides financières complétées
et revalorisées (voir annexe financière)
Pour permettre le traitement de l'habitat indigne, l'Etat a redéfini
les modalités de ses aides et les a fortement revalorisées.
Ainsi, des crédits d'études pourront permettre de financer
le repérage des situations d'insalubrité ; celui-ci est
préalable à l'enquête d'insalubrité, laquelle
ne peut être finalisée que par les agents assermentés
des DDASS et des SCHS. Vous veillerez tout particulièrement à
ce que les processus de décision amenant à engager les dépenses
aient impliqué les principaux services et acteurs concernés.
D'autre part, les dispositifs de suivi-animation qui auront en charge
le traitement des volets sociaux et opérationnels de la politique
de sortie d'insalubrité pourront être mis en uvre,
notamment dans le cadre du PDALPD, sous forme de maîtrise d'uvre
urbaine et sociale (MOUS).
La mise en place d'équipes spécifiques de maîtrise
d'uvre urbaine et sociale (" MOUS insalubrité ")
est ouverte dans les onze départements pilotes du programme d'éradication
de l'habitat indigne. Ces MOUS ont pour objet, outre le repérage,
de faciliter le traitement de l'insalubrité en milieu diffus ;
elles comprennent des missions d'aide et d'accompagnement des propriétaires,
occupants ou bailleurs, pour la réalisation des travaux de sortie
d'insalubrité : constitution des dossiers et aide au montage financier,
recherche de solutions opérationnelles pour réaliser les
travaux, définition et suivi de ceux-ci, remise en ordre de copropriétés
insalubres, recherche de solutions d'hébergement ou de relogement,
ainsi que le suivi et l'accompagnement social des occupants. Ces MOUS
bénéficient d'un taux majoré de subvention de l'Etat.
Enfin, les crédits nécessaires seront mis à votre
disposition, d'une part, pour vous permettre de réaliser les travaux
d'urgence portant sur la sécurité des personnes dans les
immeubles interdits à l'habitation, et, d'autre part, pour réaliser
d'office les travaux prescrits sur les immeubles insalubres, en cas de
carence des propriétaires et des collectivités locales.
Ces conditions de financement de ces divers types d'action sont précisées
dans l'annexe jointe.
Par ailleurs, l'ANAH, telle que réformée par la loi SRU,
a clairement repositionné son action dans le champ des politiques
sociales et de santé publique. Son conseil d'administration a décidé
le rapprochement des règles de financement des aides aux propriétaires
occupants et aux propriétaires bailleurs en matière de sortie
d'insalubrité ou de péril, une forte majoration des taux
de subvention et un élargissement des dépenses subventionnables,
qui, au-delà des prescriptions de l'arrêté, permettra
une mise en état de décence, au sens de la loi " SRU
", des logements locatifs concernés.
En outre, l'ANAH pourra subventionner les communes qui, en substitution
des propriétaires défaillants, effectueront des travaux
d'office sur ces immeubles, afin de faire cesser l'état d'insalubrité
ou de péril. La convention conclue par l'ANAH avec la caisse des
dépôts et consignations permettra, par la mobilisation des
prêts de renouvellement urbain (PRU), le préfinancement du
complément des travaux d'office à la charge des communes.
3. Des procédures opérationnelles
adaptées aux nouvelles situations, pour l'ensemble du territoire
(voir annexe financière)
La création de " l'OPAH de renouvellement urbain " permettra
à l'Etat, aux collectivités locales et à l'ANAH de
s'attaquer de manière coordonnée et volontariste à
l'ensemble des facteurs de dévalorisation d'un tissu existant présentant
des dysfonctionnements urbains et sociaux, dont l'insalubrité ou
la forte dégradation des logements est souvent le révélateur.
Ces nouvelles OPAH de renouvellement urbain, dont la durée est
portée à cinq ans, bénéficieront de financements
significativement renforcés pour les diagnostics, les études
préalables et la conduite de projet, ainsi que pour les travaux
engagés par les propriétaires, à condition que les
collectivités contractantes s'engagent à conduire les actions
foncières ou immobilières nécessaires, à utiliser
des outils coercitifs de sortie d'insalubrité ou de péril
ou à recourir à la déclaration d'utilité publique.
Dans cette perspective une nouvelle circulaire remplacera la circulaire
n° 92-22 du 27 août 1992.
De nouvelles règles d'établissement des bilans des opérations
de résorption de l'habitat insalubre (RHI) permettront, quant à
elles, d'intégrer, à côté des démolitions
jusqu'alors seules financées, la réutilisation de bâtiments
expropriés et réhabilités en logements locatifs sociaux.
D'autres améliorations des postes du bilan, telles que la prise
en compte de la conduite du projet, faciliteront la relance de ces opérations
appelées à s'inscrire, notamment, dans les nouvelles OPAH
de renouvellement urbain.
La circulaire RHI n° 3465-SG du 22 mai 1989 sera adaptée en
conséquence.
Une circulaire à caractère juridique et opérationnel
explicitera certains points de procédure relatifs à la lutte
contre l'habitat insalubre et contre les immeubles menaçant ruine,
ainsi que les droits des occupants des immeubles concernés.
La complexité de la procédure et la diversité des
situations locales nourrissent un questionnement aussi abondant que divers.
Aussi, la mise en place d'un " questions-réponses " que
vous alimenterez de cas concrets et des difficultés rencontrées
lors de l'application des dispositifs de la loi SRU, placée sous
l'égide du pôle interministériel d'appui à
l'éradication de l'habitat indigne, complétera, notamment
sur les aspects opérationnels, la circulaire juridique.
Vous voudrez bien nous faire part des difficultés particulières
que vous pouvez rencontrer dans votre département dans la mise
en place d'un programme d'action de lutte contre l'habitat indigne.
Le ministre de l'intérieur,
Daniel Vaillant
Le ministre délégué à la
santé,
Bernard Kouchner
La secrétaire d'Etat au logement,
Marie-Noëlle Lienemann
ANNEXE FINANCIÈRE
RELATIVE À LA LUTTE CONTRE L'HABITAT INDIGNE
I. - Etude de repérage des situations
d'habitat indigne
1. Repérage des territoires à
enjeux par l'Etat
Types d'action :
Repérage des situations d'habitat indigne, à l'initiative
des services de l'Etat, aux fins d'établir une première
identification des territoires susceptibles d'être concernés
dans le département, notamment à partir d'indicateurs cadastraux
et fiscaux, croisant taxe d'habitation et tranches de revenus (traitement
du fichier fiscal FILOCOM) et de mettre ainsi à disposition des
collectivités locales des éléments objectifs.
Crédits d'études :
Deux catégories de crédits sont susceptibles d'être
mobilisées :
Les crédits de titre V du budget du ministère de l'équipement,
des transports et du logement qui permettent de financer les études
pour le compte de l'Etat, sous la maîtrise d'ouvrage de la DDE.
Intitulés des lignes budgétaires " Etudes locales "
sur le chapitre 57-30/40 pour le territoire national hors Ile-de-France
et " Dépenses d'études afférentes aux opérations
financées en Ile-de-France " sur le chapitre 57-30/60 pour
la région Ile-de-France.
Les crédits de titre IX du budget du ministère de l'équipement,
des transports et du logement qui permettent aux DDE d'avoir recours aux
CETE notamment pour des missions de réalisation d'analyses des
territoires, de rapprochement des différents systèmes et
de capitalisation d'études.
Intitulé de la ligne budgétaire " Prestations des CETE
aux services déconcentrés dans le domaine urbanisme, habitat,
construction " sur le chapitre 91-29/30.
Conditions et modalités :
Application de la circulaire no 2001-78 du 16 novembre 2001 relative à
l'orientation et à la programmation des crédits d'études
locales dans le domaine de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction
en 2002.
Il est souhaitable que ces études soient menées en liaison
avec les DDASS intéressées.
2. Subventions aux partenaires du programme
Types d'action :
Enquêtes de terrain à l'immeuble, entreprises par les collectivités
locales, opérateurs ou associations, sur la base d'une première
hiérarchisation des sites potentiellement concernés par
le phénomène d'habitat indigne.
Subventions d'études :
Il s'agit de crédits de titre VI du budget du ministère
de l'équipement, des transports et du logement qui permettent de
subventionner, notamment les collectivités locales, pour la réalisation
d'études portant sur les domaines de l'habitat et du renouvellement
urbain.
Intitulé de la ligne budgétaire :
" Aide à la préparation et à la mise en uvre
des opérations d'amélioration de l'habitat ", chapitre
65-48/50 du budget du ministère de l'équipement, des transports
et du logement.
Conditions et modalités :
Application de la circulaire no 2001-78 du 16 novembre 2001 relative à
l'orientation et à la programmation des crédits d'études
locales dans le domaine de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction
en 2002.
Taux de subvention : 50 %.
Bénéficiaires de la subvention :
Personnes publiques à l'exception des établissements publics
d'Etat, et personnes physiques ou morales de droit privé, en vue
de la réalisation de projets d'investissement matériel ou
immatériel, pour la mise en uvre d'une politique d'intérêt
général (décret no 99-1060 du 16 décembre
1999).
Ces actions sont à mener en liaison avec les DDASS des sites intéressés.
II. - Maîtrise d'uvre urbaine et sociale spécifique
" insalubrité "
(Cf. n° 2001-89/UHC/IUH2/30 du 18 décembre 2001 relative
à la mise en uvre de la politique du logement et à
la programmation des financements aidés de l'Etat pour 2002.)
Types d'action :
Dans le cadre du programme d'action prioritaire d'éradication de
l'habitat indigne est ouverte la possibilité de mettre en place
une MOUS spécifique " insalubrité " ayant pour
objet de permettre de traiter l'insalubrité diffuse. Elle comporte
les missions suivantes : le descriptif de l'état des lieux des
logements préalable au rapport d'insalubrité, le traitement
des logements insalubres par l'appui aux propriétaires (aide à
la constitution des dossiers de financements, définition et suivi
des travaux...), la remise en ordre de copropriétés dans
le cadre de l'insalubrité, l'hébergement provisoire, le
relogement définitif, et l'accompagnement social des occupants.
Ces actions sont à mener en liaison avec les DDASS des sites intéressés.
Départements concernés :
Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Rhône, Pas-de-Calais,
Nord, Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.
Intitulé de la ligne budgétaire :
" Aide à la préparation et à la mise en uvre
des opérations de l'habitat ", chapitre 65-48/50 du budget
du ministère de l'équipement, des transports et du logement.
Opérateurs bénéficiaires :
Collectivités locales ; associations ; organismes HLM et les SEM,
sous réserve que les projets relèvent strictement du traitement
de l'insalubrité, à l'exclusion des opérations visant
le maintien dans les lieux ou les mutations de ménages déjà
logés dans le parc social fut-il insalubre.
Taux et dépenses subventionnables par type d'opération
:
Le taux de la subvention de l'Etat est porté à 80 % de la
dépense hors taxe plafonnée à 4 000 Euro par logement.
Dans le cas où la maîtrise d'ouvrage ne serait pas assurée
par une collectivité locale, en application de l'article 1er du
décret du 3 octobre 2000, ce taux peut être porté
à 100 % de la dépense subventionnable plafonnée à
4 000 Euro par logement, à condition que la collectivité
s'engage parallèlement à des contreparties en matière
d'offre nouvelle de logement ou d'hébergement soit par l'intermédiaire
d'interventions financières soit par mises à disposition
de locaux.
Rappel :
Pour les autres départements le dispositif MOUS peut être
mobilisé selon les conditions et modalités précisées
par la circulaire no 95-63 du 2 août 1995.
III. - Mesures d'urgence et de sécurité sur les immeubles
exposés au plomb ou insalubres.
Types d'action :
Outre l'exécution par l'Etat de toutes mesures d'urgence appropriées
nécessaires à la protection des personnes dans les immeubles
exposés au plomb (cf. décret no 99-483 du 9 juin 1999 définissant
les conditions d'application du dispositif " mesures d'urgence contre
le saturnisme ")., l'extension de cette ligne à l'insalubrité
permet de financer les mesures exécutées d'office visant
à empêcher toute occupation des locaux faisant l'objet d'un
arrêté d'insalubrité avec interdiction d'habiliter.
Il peut s'agir notamment les travaux de murage ou de gardiennage.
Par ailleurs, cette ligne peut être utilisée pour financer
des diagnostic " insalubrité " préalable aux rapports
d'enquête des inspecteurs de salubrité des DDASS ou SCHS
qui pourront porter sur des éléments d'évaluation
technique incluant, en tant que de besoin, des analyses de stabilité
de structures maîtresses des bâtiments.
Cette ligne budgétaire peut également être sollicitée
pour l'hébergement d'urgence, les mesures d'accompagnement social
et l'appui aux propriétaires dans le cadre de travaux de lutte
contre l'insalubrité et le saturnisme.
En matière de publicité foncière, en cas de difficulté
pour régler, à frais avancés, pour le compte du propriétaire
le paiement des salaires aux conservateurs des hypothèques tels
que prévus au code général des impôts, et notamment
pour les arrêtés intéressant des communes dépourvues
de SCHS, il pourra être fait appel, à titre exceptionnel,
à cette ligne.
Intitulé de la ligne budgétaire :
" Lutte contre le saturnisme et l'insalubrité " : chapitre
37-40/10 (diagnostics, travaux, hébergements d'urgence, contrôle
des travaux, autres mesures) du budget du ministère de l'équipement,
des transports et du logement, dotation budgéraire pour 202 : 9,15Euro.
Conditions :
Mesures exécutées par l'Etat et financés à
100 % de la dépense toutes taxes comprises.
La nature des actions financées impose bien évidemment que
la direction départementale des affaires sanitaires et sociales
(DDASS) soit étroitement associée.
IV. - travaux d'office de sortie d'insalubrité
Type d'action :
Réalisation d'office par l'Etat des travaux prescrits par arrêté
préfectoral sur les immeubles déclarés insalubres
remédiables, en cas de carence des propriétaires et du maire
(application des articles L. 1331-28 et L. 1331-29 du CSP).
Intitulé de la ligne budgétaire :
" Réservation de l'insalubrité : réalisation
de travaux d'office de sortie d'insalubrité " ; chapitre 55-21/140
du budget du ministère de l'équipement, des transports et
du logement ; dotation budgétaire pour 2002 : 7,62 MEuro.
Conditions :
Travaux exécutés d'office par l'Etat et financés
à 100 % de la dépense toutes taxes comprises. Le montant
de cette dépense est récupérable sur les propriétaires
défaissants (créance recouvré comme en matière
de contribution directe et garantie par une inscription hypothécaire
art. L. 1331-30 du CSP).
Cas particuliers :
Pour des raisons opérationnelles et, notamment en copropriété,
l'Etat peut entreprendre des travaux d'office, sachant que certains propriétaires
sont de bonne foi et disposés à réaliser les travaux
prescrits. Pour bénéficier des subventions à l'Agence
nationale pour l'amélioration de l'habitat, les propriétaires
devront avoir déposé leur dossier de demande de subvention
dès la réception du devis par les services de l'Etat et
avant l'engagement des travaux par celui-ci.
V. - Subventions pour opérations publiques de résorption
de l'habitat insalubre (RHI)
Type d'action :
Le RHI est un dispositif opérationnel, normalement d'initiative
locale (commune ou EPCI) destiné à permettre le traitement
des immeubles déclarés insalubres, irémédiables
et définitivement interdits à l'habitation, par leur acquisition
(sous déclaration d'utilité publique), leur éventuels
démolition. Les terrains libérés doivent normalement
accueillir des logements locatifs sociaux.
La modification du régime financier de la RHI, en cours de finalisation,
permettra, notamment, d'intégrer dans le calcul du déficit
de l'opération, sous certaines conditions, l'acquisition d'immeubles
insalubres déclarés irrémédiables, et à
ce titre définitivement interdits à l'habitation, non destinés
à être démolis mais à être affectés
à du logement locatif social.
La RHI permet aussi de traiter des immeubles isolés dans la mesure
où ces interventions ponctuelles, ou " multisites " s'inscrivent
dans le cadre d'une politique globale.
Intitulé de la ligne budgaire :
" Résorption de l'habitat insalubre ", chapitre 65-48/70
du budget du ministère de l'équipement, des transports et
du logement.
Opérateurs bénéficiaires :
Communes, EPCI et opérateurs qui seront précisés
dans la circulaire en cours de finalisation.
Taux et dépenses subventionnables par type d'opérateur
:
Le déficit de l'opération tel qu'il apparaît après
prise en compte des éléments du bilan de RHI est subventionnable
au taux de 70 %. Ce taux peut être porté à 80 % si
la population étrangère de la commune est supérieur
à 8 %.
Le taux est de 100 %, lorsque qu'il s'agit d'une résorption de
bidonville.
VI. - subventions de l'Agence nationale
pour l'amélioration de l'habitat (ANAH)
1. Subventions aux propriétaires occupants
Type d'action :
Réalisation des travaux de sortie de péril ou d'insalubrité
par les propriétaires occupants.
Taux et assiette de subvention :
50 % de la dépense subventionnable hors taxes (travaux sur M et
L.).
Possibilité d'appliquer la règle du " X + X) lorsque
la collectivité abonde le taux de subvention mentionné ci-avant.
Plafond de ressources pour l'octroi de la subvention ANAH :
100 % des plafonds de ressources des prêts à l'accession
sociale (PAS).
Plafond de travaux :
26 000 Euro hors taxes (travaux M et L).
Conditions particulières :
Application du règlement général de l'ANAH et de
l'instruction du 21 décembre 2001.
2. Subventions aux propriétaires bailleurs
Types d'action :
Réalisation des travaux de sortie de péril ou d'insalubrité
par les propriétaires bailleurs.
Taux et assiette de subvention aux travaux sur les parties immeubles
(M) :
- possibilité de déplafonnement du montant des travaux par
la commission locale d'amélioration de l'habitat (CAH) ;
- possibilité d'appliquer la règle du " X + X "
lorsque la collectivité abonde le taux de subvention mentionné
ci-avant.
Taux et assiette de subvention des travaux en parties logement et privatives
(L) :
Le PST :
- 70 % des parties L et M en zone PLI ;
- 50 % des parties L et M hors zone PLI ;
- possibilité d'appliquer la règle du " X + X "
lorsque la collectivité abonde le taux de subvention mentionné
ci-avant.
Locatif conventionné :
- 50 % de la dépense subventionnable hors taxes en zone PLI ;
- 35 % hors zone PLI ;
- possibilité de déplafonnement du montant des travaux par
la CAH ;
- possibilité d'appliquer la règle du " X + X "
lorsque la collectivité abonde le taux de subvention mentionné
ci-avant.
Locatif intermédiaire :
- 35 % de la dépense subventionnable hors taxes en zone PLI ;
- possibilité de déplafonnement du montant des travaux par
la CAH ;
- possibilité d'appliquer la règle du " 5 + X "
lorsque la collectivité abonde le taux de subvention mentionné
ci-avant en zone PLI.
Locatif libre :
- 20 % de la dépense subventionnable hors taxe ;
- possibilité de déplafonnement du montant des travaux par
la CAH.
Conditions particulières :
Application du règlement général de l'ANAH.
N.B. : toutes les subventions ci-dessus sont applicables à l'ensemble
des travaux nécessaires à la remise en état des logements
ou immeubles insalubres ou menaçant ruine et ne sont pas limités
aux seuls travaux prescrits par les arrêtés d'insalubrité
ou de péril. Après réalisation des travaux, des logements
locatifs concernés devront, normalement, être décents
au sens du décret no 2002-120 du 30 janvier 2002.
Les travaux éventuellement effectués sur des immeubles
d'habitation insalubres irrémédiables sont subventionnables
par l'ANAH dans les mêmes conditions.
Les travaux effectués sur des immeubles d'habitation frappés
d'un arrêté d'insalubrité ou de péril, pris
en application des législations antérieures à la
loi SRU, sont subventionnables dans les mêmes conditions.
3. Subvention aux communes pour réaliser
les travaux d'office
Types d'action :
Octroi d'une subvention aux communes qui se substituent aux propriétaires
défaillants en vue de leur permettre de réaliser d'office
les travaux de sortie d'insalubrité ou de péril (application
des art. L.1331-28 et L. 1331-29 du code de la santé publique (CSP)
ou des art. L. 511-2 et L. 511-3 du code de la construction et de l'habitat
(CCH).
Taux et assiette :
50 % de la dépense subventionnable hors taxes, pour les travaux
en parties privitatives et en parties communes, sans plafonnement de travaux,
qu'il s'agisse de propriétaires bailleurs ou de propriétaires
occupants.
N.B. : les travaux d'office effectués sur des immeubles d'habitation
frappés d'un arrêté d'insalubrité ou de péril,
pris en application des législations antérieures à
la loi SRU, bénéficient des modalités de financement
précisées au présent paragraphe.
Conditions de remboursement de l'ANAH par les propriétaires lors
de travaux d'office réalisés par les communes.
L'instruction de l'ANAH du 21 décembre 2001 prévoit que
l'" ANAH se retournera après travaux vers les propriétaires
concernés. Les montants de subventions octroyés aux communes
n'étant pas acquis a priori pour les propriétaires concernés,
ils devront être recalculés en fonction des situations et
des engagements de chacun, et les subventions seront reversées
le cas échéant en tout ou partie ".
Pour le propriétaire bailleur : celui-ci peut demander à
l'ANAH de conserver le bénéfice de tout ou partie de la
subvention octroyée à la commune, conformément aux
taux de subvention auxquels il aurait eu droit, selon les engagements
pris (conventionnellement) et la zone géographique concernée.
En cas de non-conventionnement, mais de mise en état de décence
du logement et d'occupation conforme aux dispositions du CCH et au règlement
général de l'Agence, le reversement partiel de la subvention
sur la partie logement est de plein droit exigé par l'ANAH en application
de l'article R. 321-21 du CCH.
Si le logement n'est pas décent, le remboursement total est alors
exigé.
Pour le propriétaire occupant situé sous les plafonds de
ressources fixés par arrêté interministériel
: le bénéfice de la subvention est conservé si le
propriétaire s'engage à occuper le logement conformément
aux dispositions de CCH et du règlement général de
l'Agence.
Pour le propriétaire occupant situé au-dessus des plafonds
de ressources fixés par arrêté interministériel
: le reversement de la subvention est de plein droit exigé par
l'ANAH.
V. - mobilisation des produits de la
CDC
1. Prêts directs aux communes
Types d'action :
Faciliter, en cas de carence des propiétaires, la réalisation
d'office par les communes des travaux prescrits par arrêté
sur les immeubles déclarés insalubres remédiables
(art. L. 1331-28 et L. 1331-29 du CSP) ou les immeubles menaçant
ruine par l'octroi de prêts renouvellement urbain (PRU) en complément
des subventions de l'ANAH.
Taux :
Actuellement de 3,25 %, indexé sur le taux du livret A.
Conditions particulières :
Prêts distribués sur tout le territoire national par la Caisse
des dépôts et consignations en complément des subventions
de l'ANAH (lettre du 15 novembre 2001 du directeur général
de la CDC auprès de la Mme la secrétaire d'Etat au logement).
2. Actions à destination des propriétaires
Types d'actions :
- prêts complémentaires aux aides de l'ANAH (prêts
PRU qui nécessitent un dispositif d'intermédiation bancaire
FSH) ;
- octroi de préfinancement aux subventions, (prêts FRU) ;
- développement de l'accessibilité bancaire pour emprunteurs
fragiles par la mise en place d'un système de garantie via le FRU.
L'ensemble de ces actions imposent un dispositif de financement intermédié
(FSH) qui ne peut être mis en uvre et mobilisé que
dans le cadre de politiques volontaires mettant en uvre des dispositifs
opérationnels de type OPAH ou MOUS et se traduisant par un volume
de dossiers potentiels significatif.
La pleine efficacité de ces dispositifs intermédiés
est conditionnée à une participation active des collectivités
locales en termes de bonification des prêts intermédiés
ou de participation à un fonds de garantie.
VII. - Création d'une opah renouvellement
urbain
1. Le principe
L'" opération programmée d'amélioration de
l'habitat (OPAH) de renouvellement urbain " permettra à l'Etat,
aux collectivités locales et à l'Agence nationale pour l'amélioration
de l'habitat (ANAH) de s'attaquer de manière coordonnée
et volontariste à l'ensemble des facteurs de dévalorisation
d'un tissu existant présentant des dysfonctionnements urbains et
sociaux et dont l'insalubrité ou la forte dégradation des
logements est souvent la révélation.
Ces nouvelles OPAH de renouvellement urbain, dont la durée sera
portée à cinq ans, bénéficieront de financements
renforcés, en contrepartie d'un engagement des collectivités
contractantes à conduire, en tant que de besoin, des actions de
lutte contre l'insalubrité et à engager des actions coercitives
et/ou foncières nécessitant, en tant que de besoin, le recours
à la déclaration d'utilité publique.
Dans cette perspective, une nouvelle circulaire remplacera la circulaire
no 92-22 du 27 août 1992.
2. Financement prévu
Etude préopérationnelle :
Taux de subvention de l'Etat de 50 % (pouvant être porté
à 80 % sur la seule partie d'étude relative à l'insalubrité
dont le coût est plafonné à 1/3 du coût total
de l'étude).
Plafonds de la dépense subventionnable : 100 kEuro.
Conduite de projet :
Taux de subvention de l'Etat : 50 %.
Plafonds de la dépense subventionnable : 115 kEuro, ce montant
étant porté à 150 kEuro/an en cas d'OPAH du traitant
d'insalubrité.
Rappels :
Le repérage de l'insalubrité doit être généralisé
dans les OPAH, et cela doit être précisé dans les
cahiers des charges d'études préopérationnelles des
OPAH " classiques ", en vue du traitement de l'insalubrité
dans la phase de suivi animation.
Les OPAH RU n'ont pas pour objet d'être limitées à
la seule lutte contre l'insalubrité et la dégradation de
l'habitat. Ce nouveau cadre contractuel a pour objectif de permettre la
mise en uvre d'un projet global de revalorisation d'un secteur urbain
continu particulièrement dégradé, projet qui bien
évidemment devra prendre en compte l'insalubrité parmi ses
axes stratégiques d'intervention.
VIII. - Financements pour hébergement
et relogement transitoire
1. Crédits d'urgence
Crédits d'urgence permettant d'assurer l'hébergement de
courte durée en structure d'urgence ou sous forme de nuitées
d'hôtel pour des ménages démunis sans autre solution
d'accueil ou d'hébergement.
Intitulé budgétaire :
Chapitre 46.81-20 : " accueil hébergement d'urgence "
(crédits déconcentrés du budget du ministère
de l'emploi et de la solidaité).
Conditions :
Au regard des tensions actuelles sur la demande d'hébergement,
la mobilisation de cette ligne est laissée à l'initiative
locale en fonction des disponibilités et de la hiérarchisation
des urgences propres à chaque département.
2. Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS)
Ces structures ont vocation à accueillir des personnes nécessitant
un accompagnement social lourd, s'inscrivant dans la durée, et
non destinées à un hébergement ordinaire et temporaine.
Intitulé budgétaire :
Chapitre 46.81-30 du budget du ministère de l'emploi et de la solidarité
: " centre d'hébergement et de réinsertion sociale
".
Conditions :
La situation actuelle de saturation des CHRS ne permet d'envisager l'accueil
dans ces structures que de personnes relevant réellement d'une
problématique d'insertion. Par ailleurs, les conditions d'accueil
en CHRS ne sont pas adaptées à la prise en charge de familles
en situation du relogement.
3. Aide aux organismes logeant à titre
temporaire des personnes défavorisées (ALT)
Aide financière mensuelle accordée aux associations (ou
aux centres communaux ou intercommunaux d'action sociale) logeant des
personnes défavorisées pour des durées de séjour
limitées, n'ayant pas accès aux aides personnelles au logement
de droit commun ou à l'aide sociale à l'hébergement.
Le montant de cette aide est déterminé de manière
forfaitaire par référence aux loyers plafonds retenus pour
le calcul de l'allocation logement et dépend de la taille et du
nombre de locaux d'habitation mobilisés par l'organisme pour l'année
en cause.
Intitulé budgétaire :
Le financement de l'aide est assuré par le Fonds national d'aide
au logement (FNAL).
Le paiement aux associations est effectué mensuellement par les
caisses d'allocations familiales.
Conditions :
Pour bénéficier de l'aide, les organismes doivent être
conventionnées par l'Etat (conventions annuelles). Les locaux concernés
doivent répondre à des normes minimales de confort (logements,
chambres d'hôtel, logements-foyers, à l'exception de locaux
précaires).
4. Résidences sociales
Elles accueillent des ménages disposant de ressources limitées,
qui ont besoin d'un logement transitoire en raison de difficultés
d'accès ou de maintien dans un logement ordinaire.
Intitulé budgétaire :
Prêt locatif aidé (PLAI) : chapitre 65.48-10 du budget du
ministère de l'équipement, des transports et du logement.
Les résidences sociales bénéficient pour leur construction
d'aides à la pierre, et plus particulièrement du PLAI et
de subventions de l'Etat à taux majoré, dans la limite de
20 % du coût de l'opération, en construction, comme en acquisition-amélioration.
Les personnes logées en résidences sociales acquittent une
redevance dont une grande partie est solvabilisée par l'APL.
Les gestionnaires des résidences sociales peuvent bénéficient,
en outre, d'une aide à la gestion locative sociale (AGLS) délivrée
par les DDASS et destinée à prendre en compte les surcoûts
de la dimension sociale de la gestion locative occasionnés par
la présence de publics en difficulté.
Conditions :
Les revenus des ménages ne doivent pas dépasser 60 % des
plafonds de ressources HLM, sauf dérogation du préfet du
département.
Les résidences sociales doivent en outre répondre à
des conditions de niveau maximum de redevance et de normes minimales de
confort fixées par la convention APL passée entre l'Etat
et le gestionnaire, lequel doit être agréé pour la
gestion de résidences sociales. Pour obtenir l'AGLS, le gestionnaire
doit en outre fournir à la DDASS tous les éléments
nécessaires pour faire la preuve de la mise en place de moyen humains
adaptés pour assurer une gestion locative sociale adaptée
à des publics en difficulté.
Textes sources :
- Loi relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet
1998 ; 
- Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains
du 13 décembre 2000. 
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