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DEPARTEMENT DE PARIS
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CHARTE DEPARTEMENTALE DE PREVENTION DES EXPULSIONS
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PREAMBULE

Le volet logement de la loi n° 98-657 du 29 juillet 1998 d'orientation relative à la lutte contre les exclusions consacre une large place à la prévention des expulsions.

Considérant l'accroissement des difficultés socio-économiques rencontrées au cours de ces dernières années par un grand nombre de personnes défavorisées, il est apparu nécessaire d'insister particulièrement sur les mesures d'accès et de maintien dans un logement, afin de prévenir l'enclenchement du processus d'exclusion.

C'est pourquoi le dispositif institué par ladite loi, introduit une nouvelle logique dans le traitement des expulsions en substituant à une logique de sécurité publique, une approche préventive et sociale. Les nouvelles dispositions législatives doivent, d'une part, permettre d'accroître l'efficacité des dispositifs du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées et, d'autre part, renforcer le principe au droit au logement posé par la loi du 31 mai 1990, en accordant une priorité non seulement aux personnes et familles non pourvues d'un logement ou menacées d'expulsion, mais également à celles qui sont confrontées à un cumul de difficultés.

Pour atteindre ces objectifs, il est primordial que l'ensemble des acteurs concernés réunissent leurs compétences respectives et se mobilisent afin de définir les moyens d'action à mettre en œuvre dans le cadre de la prévention des expulsions, aussi bien dans le parc locatif public qu'au sein du parc locatif privé.
Les dispositions qui suivent seront mises en œuvre en privilégiant l'adhésion active de la famille, et son engagement à contribuer à la résolution de ses difficultés.
Dans cette perspective, la charte de prévention des expulsions du Département de Paris, établie en application des dispositions de l'article 121 de la loi d'orientation susvisée et en tenant compte de la spécificité de Paris, à la fois Ville et Département, est passée entre les partenaires suivants :

1. L'État, représenté par le Préfet de la région d'Ile-de-France, Préfet de Paris et par le Préfet de police ;

2. Le Maire de Paris, Président du conseil de Paris siégeant en formation de conseil général, Président du conseil d'administration du Centre d'action sociale de la Ville de Paris ;

3. Le Juge d'instance représentant du groupe de travail logement des magistrats ;

4. Le Président de la chambre départementale des huissiers de justice de Paris ;

5. Le Directeur général de la Caisse d'allocations familiales de Paris ;

6. Les administrateurs de biens et les bailleurs privés (le Président de la chambre syndicale parisienne des propriétaires et copropriétaires, le Délégué général de la FNAIM Ile-de-France, le Président du SNPI, le Président de l'Association des propriétaires sociaux) ;

7. Les bailleurs sociaux (les Délégués de l'AORIF et le Président de l'ARSEM Ile-de-France ) ;

8. Le Président de l'association départementale d'information sur le logement (ADIL) ;

9. Le Président de la fédération des organismes interprofessionnels du logement en Ile-de France (FROILIF);

10. Le Délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

I - DONNEES GENERALES ET CONSTATS

Population de Paris en 1999 : 2 147 857 habitants

Nombre de résidences principales en 1999 : 1 111 721 (recensement 1999 INSEE)

Parc locatif social en 1999 : 200 461 ( " parc public conventionné " 122 771, " parc public non conventionné " 77 690)

(sources : enquête sur le parc locatif social de la préfecture de région qui recense l'ensemble des logements locatifs sociaux gérés ou appartenant aux catégories d'organismes suivantes : offices publics d'HLM et OPAC ; sociétés anonymes d'HLM ; sociétés d'économie mixte ; filiales immobilières de la SCIC).

Parc locatif privé en 1996 : 564 574 (" personnes physiques " : 483 442 / " personnes morales " : 81 132)

(source : " Les conditions de logement des parisiens " APUR juin 2000-Commentaires des résultats de l'enquête logement 1996 de l'INSEE- Le parc locatif privé recense les logements détenus par les propriétaires personnes physiques " bailleurs " et par les personnes morales privées : sociétés d'assurance et autres sociétés ou organismes privés à l'exclusion des sociétés semi-publiques -SCIC et SEM-).

En 2000, 6 268 assignations ont été notifiées au préfet de Paris dont 6 159 concernaient des situations d'impayés de loyer pour un montant cumulé de dettes s'élevant à 195 MF. Le pourcentage des bailleurs privés qui engagent une action en justice contre les locataires défaillants s'élève approximativement à 65,97 % contre 34,03 % pour les bailleurs sociaux. Pendant cette même année, 5030 commandements de quitter les lieux sont également parvenus à la préfecture de Paris.
Au cours des trois derniers exercices, la préfecture de police a, en outre, enregistré plus de 4.000 demandes de réquisition de la force publique, dont la moitié a donné lieu à autorisation. Pour 15 à 20 % d'entre elles, ces autorisations ont été exécutées avec l'intervention effective de la force publique.


Avant la promulgation de la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, les décisions judiciaires d'expulsion motivées par des impayés de loyers ne prenaient pas systématiquement en compte la situation sociale des ménages et les causes de l'endettement. De même, les nombreuses enquêtes sociales sollicitées par la préfecture de police ne permettaient pas, à ce stade de la procédure, de trouver une solution durable aux difficultés locatives rencontrées. Cette démarche permettait dans le meilleur des cas de maintenir provisoirement dans leur logement les familles en situation de grande précarité en indemnisant les propriétaires concernés. Ainsi, en 2000, 30 millions de francs ont été versés aux propriétaires au titre du refus du concours de la force publique.

De plus, il a été constaté que la majorité des personnes assignées ne se présentent pas à l'audience ce qui pose problème aux juges qui n'ont de ce fait pas la possibilité d'apprécier la bonne ou la mauvaise foi des locataires. En outre, les locataires en difficulté n'ont pas toujours la réaction de prendre contact avec les structures sociales afin d'exposer leurs problèmes ou réagissent tardivement et, le plus souvent, lorsque le concours de la force publique est requis.
Dans ce contexte, il devenait particulièrement urgent d'agir dès les premières cessations de paiement, et notamment dès la notification de l'assignation afin de permettre aux juges de prendre leurs décisions en toute connaissance de cause.

II - OBJECTIFS ET PRINCIPES DE LA CHARTE

Article 1er - PRINCIPES GENERAUX -

La charte de prévention des expulsions prévue à l'article 121 de la loi du 29 juillet 1998 s'applique aux contentieux liés aux impayés de loyer et aux cessations de paiement des charges locatives, en vue de prévenir l'expulsion des locataires de bonne foi.
Devant l'ampleur préoccupante du phénomène de l'impayé locatif, l'État, doté d'un rôle limité en ce domaine jusqu'à l'intervention de ladite loi, est dorénavant chargé de procéder à un traitement préventif et social le plus en amont possible afin de prévenir les procédures contentieuses. Toutefois, a contrario de ce qui se pratique dans les autres départements, c'est au préfet de police qu'appartient le pouvoir de décision en matière d'expulsion, le préfet de Paris ayant, pour sa part, compétence dans le domaine de prévention des expulsions et du relogement des personnes démunies.
Dans ce cadre, il apparaît indispensable qu'un lien direct intervienne entre propriétaires, partenaires sociaux et locataires dès les premières difficultés de paiement des loyers, cette organisation devant être coordonnée avec les dispositifs existants dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (plan d'apurement de la dette, mise en place d'aides financières, saisine du FSL, relogement dans le cas où le maintien dans les lieux ne s'avère plus possible).
Les nouvelles dispositions de la loi modifient également le rôle du juge en lui donnant la possibilité de suspendre les effets de la clause résolutoire du contrat de location lorsque le locataire défaillant lui paraît en mesure de procéder au règlement de sa dette locative moyennant des délais de paiement. C'est pourquoi il est important d'institutionnaliser une liaison entre les juridictions et les services préfectoraux dès notification, par huissier, de l'assignation aux fins de résiliation du bail, ceci afin de permettre un fonctionnement décloisonné des principaux partenaires (huissiers, juges, bailleurs sociaux et privés, services sociaux, Etat et Département) et de donner au Préfet la possibilité de saisir rapidement les services sociaux et/ou les organismes dont dépendent les différentes aides au logement.

Article 2 - OBJECTIFS DE LA CHARTE-

La présente charte s'inscrit dans le prolongement de la convention cadre sur le logement signée entre l'État et la Ville de Paris le 15 mars 1999, complétée notamment par le plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (article 5), s'agissant plus particulièrement des politiques spécifiques envisagées pour prévenir l'endettement locatif et les expulsions, tant dans le parc privé que dans le parc public.
Le but à atteindre consiste à traiter les impayés de loyer dans des délais très réduits et à rechercher des solutions adaptées à chaque situation en vue de limiter l'expulsion aux seuls locataires de mauvaise foi.


La charte doit, de ce fait, répondre aux principaux objectifs suivants :
o améliorer la prévention des expulsions des personnes en situation de pauvreté et de précarité logées tant dans le parc social que dans le parc privé, en mobilisant l'ensemble des partenaires concernés, et détecter, le plus en amont possible, des situations d'impayés pouvant déboucher sur l'expulsion de personnes défavorisées ;
o contribuer à la recherche de solutions adaptées à la situation de chacun de ces locataires ;
o éviter, dans la mesure du possible, le recours aux procédures contentieuses pour les locataires de bonne foi, d'une part, en mettant en place des outils sociaux qui sont adaptés aux locataires en réelle difficulté et, d'autre part, en se référant aux pratiques déjà utilisées par certains bailleurs qui souhaitent s'orienter vers un règlement amiable des contentieux locatifs;
o permettre une meilleure information des juges sur le déroulement des contentieux lorsqu'ils sont amenés à statuer sur la résiliation du bail ; du préfet de police quand il est saisi de demandes de concours de la force publique.

Pour y parvenir, il y a lieu de définir les axes prioritaires de la politique de prévention des expulsions qui s'appliqueront, compte tenu de sa spécificité, au département de Paris. C'est ainsi qu'ont pu être dégagées les différentes étapes énumérées ci-dessous en insistant sur la nécessité de développer les mécanismes de prévention en amont de l'expulsion.
o incitation des bailleurs à informer les locataires sur leurs droits et sur leurs devoirs ;
o mobilisation des moyens existants en matière d'aides au logement et information des personnes défavorisées sur ces possibilités ;
o soutien des ménages en difficulté dès les premiers incidents de paiement, à l'initiative du bailleur gestionnaire dans toute la mesure du possible ;
o incitation des bailleurs à rechercher une solution amiable dès les premiers impayés ;
o coordination de l'action des principaux acteurs impliqués dans le processus et recherche d'une meilleure articulation du fonds de solidarité pour le logement avec les procédures contentieuses ;
o dès notification de l'assignation aux fins de constat de résiliation du bail par huissier, les services préfectoraux font procéder dans le respect du délai légal, à un diagnostic de la situation familiale et sociale des locataires défaillants afin de transmettre au juge les résultats de chaque enquête avant l'audience ;
o sensibilisation des personnes assignées en vue de les inciter à se rendre ou à se faire représenter aux audiences ;
o participation des associations d'insertion et de défense des usagers spécialisées dans le domaine du logement en vue d'informer et d'orienter des familles vers les dispositifs existants;
o recours aux fonds du F.S.L. pour le règlement des missions liées à la réalisation de diagnostics sociaux et, en cas de nécessité reconnue, pour la prise en charge d'un accompagnement social lié au logement (article 27 du décret n° 99-897 du 22 octobre 1999 et circulaire du 9 février 1999).

III - MOYENS ET ENGAGEMENTS DES PARTENAIRES

Article 3 - MOYENS ET ENGAGEMENTS COMMUNS A DIFFERENTS PARTENAIRES

CONCERNANT L'APUREMENT DE LA DETTE LOCATIVE

Etant considéré que l'apurement de la dette locative doit être recherché de la façon la plus efficace possible pour éviter l'expulsion, les partenaires cités ci-après prennent les engagements suivants, comprenant notamment la recherche des prêts et subventions du FSL en vue du règlement de dettes locatives dont l'apurement conditionne le maintien dans les lieux, ou l'accès à un nouveau logement (décret 99-897 du 22 octobre 1999, article 15) :

Les bailleurs :

1- Les bailleurs sociaux, en s'appuyant sur leurs conseillers ou travailleurs sociaux, diligenteront, dès les premières difficultés, une procédure de règlement à l'amiable en optant pour la mise en place :
* D'un plan d'apurement adapté aux ressources du locataire.
Ils devront saisir la SDAPL (ou la CAF pour ceux qui perçoivent l'allocation logement en tiers payant).
* Si le plan d'apurement n'est pas envisageable, le bailleur s'efforcera de saisir le FSL (article 24 du décret n°99-897 du 22 octobre 1999).
o Dans les deux cas, sans préjudice des actions qui leur sont réservées par la loi, les bailleurs sociaux s'engagent à mettre en œuvre une procédure de règlement amiable de la dette locative dès les premiers impayés de loyer, telle que décrite au paragraphe ci-dessus.

2 - Les représentants des bailleurs privés signataires :
o inciteront leurs adhérents à utiliser, lorsque le locataire perçoit l'allocation logement, la possibilité offerte par le code de la sécurité sociale de percevoir cette allocation en tiers payant dès le premier impayé
Celui-ci est constitué, pour les termes d'une périodicité inférieure à 3 mois, par 2 termes de loyer et charges totalement impayés et, pour les termes d'une périodicité supérieure ou égale à 3 mois, par le non-paiement du loyer et des charges dans le mois suivant sa date d'exigibilité.
Il est conseillé aux bailleurs d'utiliser cette procédure qui leur permet de recouvrer au moins une partie du loyer, sans qu'il soit besoin de l'accord du locataire et sans que le bailleur soit empêché de poursuivre la procédure contentieuse. Les adresses des caisses d'allocations familiales compétentes sont retracées sur une fiche jointe.
o rappelleront à leurs adhérents que, pour aider à la solvabilisation du locataire de bonne foi, le bailleur peut saisir le Fonds de solidarité logement avec l'accord de celui-ci.

Ce dispositif implique toutefois que, préalablement au versement de l'aide consentie par le FSL, le bailleur s'engage conformément au plan d'action pour le logement des personnes défavorisées :

1. à l'abandon de la procédure d'expulsion ;

2. au maintien du locataire dans le logement, aux mêmes conditions de loyer ;

3. au renouvellement du bail au solde de la dette.

La Préfecture de Paris :

Une fois saisie par les bailleurs sociaux pour les locataires bénéficiant de l'APL, la SDAPL saisira le FSL dans les conditions prévues par le code de la construction et de l'habitation (article R 351-30). Compte tenu de la situation du bénéficiaire, la SDAPL pourra :
o soit demander un plan d'apurement au bailleur et saisir le FSL à défaut de production de ce plan, en cas de mauvaise exécution de celui-ci ou de constitution d'un nouvel impayé ;
o soit saisir directement le FSL.

La CAF :

Une fois saisie par les bailleurs pour les locataires bénéficiant d'une aide au logement, la CAF fera de même, dans les conditions prévues par le code de la sécurité sociale.

La Préfecture de Paris, dans le cadre du traitement des jugements, procédera à l'examen, lorsque les juges décident de les lui transmettre en vertu de l'article 62 de la loi 91-650 du 9 juillet 1991, des décisions ordonnant l'expulsion ou statuant sur une demande de délai.

1. Pour les jugements accordant des délais de paiement, un signalement sera effectué auprès du FSL en vue de l'apurement de leur dette locative par la Préfecture de Paris, et par la Préfecture de Police lorsque celle-ci sera saisie d'une demande de concours de la force publique.

2. S'agissant des jugements n'accordant pas de délai avant l'expulsion, les demandes de relogement seront traitées par la préfecture sous réserve que les ménages concernés soient inscrits au fichier central des demandeurs de logement.

3. Pour les jugements d'expulsion accordant un délai pour quitter les lieux, les demandes de relogement seront traitées par la préfecture sous réserve que les ménages concernés soient inscrits au fichier central des demandeurs de logement.
L'apurement de leur dette locative en vue de leur relogement sera demandé dans les mêmes conditions qu'au point 1 ci-dessus.

Il est rappelé que le FSL prend en charge les ménages définis par le décret n° 99-897 du 22 octobre 1999 (article12) et le PDALPD, c'est-à-dire les personnes qui éprouvent des difficultés particulières à accéder ou à se maintenir dans un logement décent et indépendant en raison de l'inadaptation de leurs ressources et de leurs conditions d'existence.

Article 4 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES

DE L'IMMOBILIER, DE LEURS ADHERENTS ET DES BAILLEURS PRIVES -

Les organismes représentatifs des agents immobiliers, administrateurs de biens et des propriétaires privés s'engagent à :

1 - Clauses communes

- Informer leurs adhérents de l'existence, du contenu et de la ratification de la charte départementale de prévention des expulsions locatives par les moyens à la convenance des organisations tels que revues internes, réunions, sites internent.
- Renseigner leurs adhérents des informations en leur possession :
- pour limiter les impayés de loyer et l'expulsion de ménages de bonne foi,
o s'agissant de la chambre syndicale, des organismes représentatifs des agents immobiliers et de ces derniers : pour inciter les candidats locataires à recourir aux aides offertes pour faciliter l'entrée dans les lieux du 1% logement : l'avance LOCA-PASS gratuite permettant le financement du dépôt de garantie ; la garantie LOCA-PASS destinée à assurer le paiement du loyer et des charges locatives en cas d'impayé et ce, dans les deux cas, par tout moyen à la convenance des organisations, (permanence d'avocats, revue, internet…) notamment par la communication d'une fiche d'information pour les bailleurs, jointe en annexe, élaborée par la préfecture en lien avec l'ADIL, en incitant leurs adhérents à communiquer celle-ci, pour les organismes représentatifs d'agents immobiliers et d'administrateurs de biens, aux bailleurs concernés.
- Rappeler à leurs adhérents l'obligation d'information annuelle de la caution de l'évolution du montant de la dette garantie prévue à l'article 2016 du Code civil. A défaut, il y a déchéance de tous les accessoires de la dette, frais et pénalités et la caution peut demander des dommages et intérêts si elle peut rapporter la preuve que l'absence d'exécution de l'obligation d'information lui a causé préjudice.

2 - Clauses spécifiques concernant les agents immobiliers et administrateurs de biens

o Pour les organismes représentatifs :
- Communiquer aux bailleurs potentiels l'existence de la charte départementale de prévention des expulsions par les moyens à la convenance des organismes, tels que les sites Internet.
- Possibilité d'inciter leurs adhérents à diffuser, auprès des locataires et des bailleurs, des documents sur les droits et obligations de ceux-ci (documents ADIL, ou élaborés par l'organisation…) selon les moyens à la convenance des organisations.

o Pour les agents immobiliers, membres des organisations professionnelles signataires de la charte :
- Favoriser la diffusion d'informations portant sur l'existence de la charte et sur ses principaux objectifs ainsi que sur les aides LOCA-PASS.

o Pour les administrateurs de biens, membres des organisations professionnelles signataires de la charte :
- Faciliter auprès des locataires et des bailleurs la circulation des informations en leur possession afin de prévenir et réduire les impayés et de limiter les recours à l'expulsion des ménages de bonne foi, notamment par la communication des fiches d'information, jointes en annexe, pour les locataires et les bailleurs, élaborées par la préfecture en lien avec l'ADIL, et ce par les moyens à leur convenance ;
- Réagir dès les premiers impayés de loyer en mettant rapidement en place le processus de recouvrement de la dette afin d'en réduire le plus possible le montant. A cet effet, il pourrait être conseillé aux bailleurs d'envoyer une lettre recommandée au locataire défaillant le plus rapidement possible après le premier impayé,
- Rechercher, dans les limites de leur mandat de gestion, le règlement amiable des litiges liés aux impayés de loyer et charges, la possibilité leur étant ouverte de saisir le conciliateur en Maison de la Justice et du Droit ou en mairie d'arrondissement (cf. fiche pour les bailleurs en annexe)
- Solliciter de l'éventuel garant l'acquittement de la dette à la place du locataire défaillant,
- Envisager, si la phase judiciaire ne peut pas être évitée, d'établir un décompte détaillé des paiements effectués par le ménage, afin de permettre au juge de mettre en place un plan d'apurement basé sur la situation réelle du locataire défaillant.

3 - Clauses spécifiques concernant la chambre syndicale des propriétaires

Rappeler aux propriétaires l'intérêt de réagir dès la première cessation de paiement de loyer :
o en n'hésitant pas à se faire aider d'une structure agréée (chambre syndicale des propriétaires, ADIL, Maison de la Justice et du Droit…) pour toute information sur leurs droits et la procédure à suivre afin de rechercher une solution rapide pour enrayer les impayés ;
o en prenant rapidement contact avec le locataire pour régler le litige à l'amiable : d'abord par l'envoi d'une lettre recommandée dans un délai maximum de 3 semaines après l'impayé ; si le locataire est de bonne foi, en proposant un plan d'apurement compatible avec ses ressources ; en cas de difficulté, il est rappelé que le bailleur peut saisir le conciliateur à la Maison de la Justice et du Droit ou en mairie d'arrondissement, procédure qui peut être menée en parallèle à une procédure contentieuse et qui est rapide et gratuite.
o en sollicitant de l'éventuel garant, l'acquittement de la dette à la place du locataire défaillant,
o les coordonnées des organismes à joindre figurant sur la fiche d'information pour les bailleurs jointe en annexe.

Article 5 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DES BAILLEURS SOCIAUX -

Les bailleurs sociaux s'engagent à :

- poursuivre les actions destinées à prévenir les situations d'impayés de loyer :
o en incitant les locataires, dès la signature du bail, à vérifier auprès des organismes payeurs s'il leur est possible de bénéficier d'une aide au logement, et en leur apportant des précisions sur les démarches à accomplir à cet effet.
o en informant les locataires en difficulté des droits qui peuvent être ouverts par la Caisse d'allocations familiales et des aides offertes par les collecteurs du 1% logement ainsi que de l'existence du FSL et des modalités d'intervention de ce fonds (prise en charge de la caution, des frais de déménagement, du premier loyer) et en les orientant vers les travailleurs sociaux pour l'établissement des dossiers.
- s'orienter vers la recherche des solutions amiables dès les premiers impayés de loyers :
- en incitant le locataire défaillant à prendre rapidement contact avec un conseiller ou un travailleur social.
o en orientant les ménages vers le dispositif de surendettement s'il est constaté d'importantes dettes à la consommation.
o en saisissant la SDAPL en application des dispositions de l'article 115 de la loi, et en sollicitant le concours des travailleurs sociaux aptes à aider les ménages dans leurs démarches.
o en proposant un logement dont le loyer est compatible avec les ressources du locataire ou en répondant favorablement à la demande de transfert émanant d'un locataire dont le loyer n'est plus adapté à sa situation actuelle, selon ses possibilités ou à défaut, en collaboration avec les différents réservataires.
o en recherchant toutes les solutions de gestion possible : sous-location avec une association intermédiaire, bail glissant, échange de logement, avec le concours des différents réservataires.
o sur les deux derniers points, en vue de faciliter le relogement, en saisissant le FSL pour apurer la dette locative comme précisé à l'article 3.

Article 6 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DE LA CHAMBRE

DES HUISSIERS DE JUSTICE -

Le Président de la chambre départementale des huissiers de justice s'engage à demander à l'ensemble des huissiers de justice de Paris :

o d'informer les locataires :
o dès le commandement de payer, par la diffusion d'une note explicative faisant état notamment de l'existence du Fonds de solidarité pour le logement et donnant les coordonnées des organismes et services aptes à les aider dans leurs démarches ;
o au moment de l'assignation, en annexant la note explicative citée ci-dessus, un papillon signalant aux locataires assignés à comparaître devant un tribunal d'instance pour impayés de loyer, l'importance qui s'attache à se présenter à l'audience et à transmettre la fiche de renseignements également jointe, dûment complétée par des éléments portant sur les situations familiale et financière des intéressés.
o de veiller, dans le respect de la loi, à une présentation claire des documents qui leur sont remis dans le cadre de la procédure.

Article 7 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DE L'ETAT -

Les services de l'État - préfecture de Paris et préfecture de police- s'engagent à :

Engagements de la Préfecture de Paris :

o diligenter, dès notification par un huissier de justice de l'assignation aux fins de constat de résiliation du bail, un diagnostic social portant sur la situation administrative et financière des locataires défaillants.
o transmettre, dès sa réception en préfecture, le diagnostic social au juge du tribunal d'instance concerné pour lui permettre de se prononcer en toute connaissance de cause.
Lorsque l'assignation aux fins de constat ou de prononcé de la résiliation du bail pour dette locative du preneur n'a pas été notifiée au préfet de Paris dans le délai de deux mois minimum avant la date d'audience, en aviser le juge en lui proposant de déclarer l'affaire irrecevable.
o Comme précisé à l'article 3 :
1. S'agissant des jugements n'accordant pas de délai avant l'expulsion, les demandes de relogement seront traitées par la préfecture sous réserve que les ménages concernés soient inscrits au fichier central des demandeurs de logement.
2. Pour les jugements d'expulsion accordant un délai pour quitter les lieux, les demandes de relogement seront traitées par la préfecture sous réserve que les ménages concernés soient inscrits au fichier central des demandeurs de logement.
3. L'apurement de leur dette locative en vue de leur relogement sera demandé dans les conditions prévues à l'article 3
o Afin de faciliter le relogement des locataires menacés d'expulsion dans un logement plus adapté à leurs ressources, mettre en œuvre les moyens prévus dans le cadre du PDALPD au titre de la prévention des expulsions, document annexé à la convention-cadre signée le 15 mars 1999 entre l'État et la Ville de Paris. Ces mesures tendent à faciliter les échanges de logements à l'intérieur du parc du même bailleur ou entre différents bailleurs afin d'accompagner au mieux l'évolution des situations familiales et sociales.
o proposer des réunions avec les partenaires pour dresser le bilan des actions engagées l'année précédente et améliorer le dispositif pour l'année suivante, faire le point sur la situation des expulsions et sur le rôle joué par chacun dans ce domaine ; notamment, en vue de contacts plus étroits entre les services sociaux du département, la Préfecture de Police et la Préfecture de Paris.

Engagements de la Préfecture de Police :


- Dans le cadre de l'instruction des demandes de concours de la force publique, une enquête sociale pourra être sollicitée lorsque le contexte général de l'affaire et la situation sociale des expulsés le justifient. En cas de saisine du Fonds de solidarité pour le logement, l'assistance à huissier pourra être différée jusqu'à l'intervention de la décision de cette instance.

Article 8 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DU DEPARTEMENT

ET DE LA VILLE DE PARIS-

S'agissant de la Ville de Paris :

- afin de faciliter le relogement des locataires menacés d'expulsion dans un logement plus adapté à leurs ressources, met en œuvre les moyens prévus dans le cadre du PDALPD au titre de la prévention des expulsions, document annexé à la convention-cadre signée le 15 mars 1999 entre l'État et la Ville de Paris. Ces mesures tendent à faciliter les échanges de logements à l'intérieur du parc du même bailleur ou entre différents bailleurs afin d'accompagner au mieux l'évolution des situations familiales et sociales.

S'agissant du Département de Paris :

- donne son accord à ce que :
- le Fonds de Solidarité pour le logement, en vertu du décret n° 99-897 du 22 octobre 1999 (article 27), finance les mesures d'accompagnement social comprenant notamment l'accompagnement des ménages dans la recherche d'un logement et l'enquête sociale sur les ménages menacés d'expulsion.
o les travailleurs sociaux contribuent à diligenter les actions énumérées à l'article 9, au profit des locataires menacés d'expulsion.

Article 9 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DES SERVICES SOCIAUX

- Département-CAF-CASVP-

Les travailleurs sociaux saisis d'une demande de diagnostic social par la préfecture contribuent à :


o recevoir, orienter les familles en difficulté et contribuer à la connaissance des situations d'impayés de loyer au sein du département de Paris.
o procéder, dans les délais impartis à l'article 114 de la loi, à un diagnostic social portant sur la situation des ménages menacés d'expulsion, en vue de permettre au préfet d'informer le juge et le cas échéant, de saisir le FSL. Leur rapport, rédigé sous la responsabilité des ménages assignés connus des coordinations des services sociaux, de la Caisse d'allocations familiales ou des organismes, sera communiqué au juge avant l'audience en vue d'éclairer sa décision.
o préparer le ménage à l'audience.
La Caisse d'allocations familiales bénéficiera d'une rémunération, en vertu d'une convention signée au titre du FSL, pour la mission de diagnostic social sur ses allocataires non connus des Coordinations des services sociaux.
En cas de nécessité et avec l'adhésion du ménage, les services sociaux du Département et du CASVP poursuivront la mission définie ci-dessus, par un accompagnement social lié au traitement de la dette locative pour les ménages qu'ils connaissent déjà. Ils contribueront, avec les bailleurs, à la mise en place d'un plan d'apurement de la dette de loyer ; aideront, le cas échéant, le ménage à constituer un dossier de demande de logement dans le parc HLM ; faciliteront les relations des locataires défaillants avec les bailleurs. La Caisse d'Allocations Familiales procédera également à cette action mais uniquement à l'égard des familles allocataires relevant de son champ de compétence et inconnues des Coordinations des services sociaux.

Article 10 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DE L'ADIL -

L'association départementale d'information sur le logement de Paris s'engage à :

o renseigner les ménages sur l'ensemble des questions qui se posent dans le domaine du logement. Ses conseillers juristes peuvent informer les personnes assignées de leurs droits et possibilités de recours à toutes les étapes de la procédure d'expulsion. Pour les locataires touchés par un commandement de payer, un consultant sera spécialement chargé de leur répondre et ses coordonnées seront mentionnées sur un document d'information pour les locataires à joindre par les huissiers aux commandements de payer comme prévu à l'article 6 ;
o assurer un rôle d'information et d'orientation des différents partenaires œuvrant dans ce domaine ;
o élaborer les documents d'information et de conseil à destination des locataires et des propriétaires bailleurs et inciter les personnes assignées à se présenter à l'audience ;
o apporter aux partenaires de la présente charte toutes informations complémentaires sur le déroulement et le rôle de chacun dans la procédure d'expulsion .

Article 11 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DES COLLECTEURS DU 1% LOGEMENT -

La Fédération régionale des organismes interprofessionnels du logement en Ile-de-France (FROILIF) s'engage à :


o développer l'information sur les aides existant au titre du 1% logement, et notamment sur les produits LOCA-PASS prévus au titre de l'entrée des locataires dans les lieux. A cet effet, la FROILIF incitera à la mise en place de partenariats entre les collecteurs et les organisations professionnelles de l'immobilier ainsi que les représentants des bailleurs privés.

Article 12 - MOYENS ET ENGAGEMENTS DE L'ESPACE SOLIDARITE HABITAT,

DE LA C.G.L ET DE DROITS D'URGENCE-

Dans le but de prévenir les phénomènes d'exclusion et afin de permettre l'accès au droit des personnes et familles les plus démunies, la Fondation Abbé Pierre au travers de son Espace Solidarité Habitat (ESH) et ses partenaires, la C.G.L. et Droits d'urgence, s'engagent à étudier les conditions de mise en place d'une permanence de conseil et d'aide juridique pour les publics les plus défavorisés.
Cette permanence d'aide juridique pourrait se tenir de manière expérimentale dans les 5ème , 17ème et 20ème arrondissements de Paris ; son contenu, ses modalités de fonctionnement ainsi que son articulation avec les dispositifs proposés dans la présente charte, feront l'objet d'une concertation la plus large possible avec les services et organismes signataires de la charte et seront précisés ultérieurement par l'ajout d'un avenant à la charte.
D'autres expérimentations pourront également être menées avec diverses associations compétentes et spécialisées.

IV - COMITE DEPARTEMENTAL DE LA CHARTE DE PREVENTION DES EXPULSIONS -

La présente charte a été élaborée en collaboration avec les juges du groupe de travail logement, mis en place par M. le président du tribunal de grande instance. Ces magistrats ont préconisé de communiquer au préfet de Paris un maximum de jugements statuant sur une demande de délai ou ordonnant l'expulsion dans le but de permettre la prise en compte prioritaire de la demande de relogement au titre du plan départemental d'actions pour le logement des personnes défavorisées. Ils participent au comité départemental de prévention des expulsions.

Ce comité, présidé par M. le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, et composé d'un représentant de chacun des signataires de la présente charte, est mis en place. Il est chargé d'assurer le suivi, la coordination et l'évaluation des objectifs et des actions menées au titre de la prévention des expulsions.
A ce titre, les partenaires acceptent de donner les indicateurs annuels d'évaluation figurant à l'annexe ci-jointe.
Il se réunira au moins une fois par an pour examiner les conditions d'application de ladite charte et pour rechercher les améliorations qui seraient éventuellement nécessaires à sa mise en œuvre.
Il pourra, à cette occasion, donner son avis sur le bilan des actions entreprises l'année précédente et sur l'ensemble des opérations prévues pour l'année en cours.
Le comité sera régulièrement tenu informé de tout élargissement du dispositif de prévention des expulsions à d'autres partenaires, notamment associatifs.

Fait à Paris, le

 
       
 

SIGNATURE DES DIFFERENTS PARTENAIRES

Le Préfet de la Région d'Ile de France, Préfet de Paris
Le Préfet de Police
Le Maire de Paris, Président du Conseil de Paris siégeant en formation de conseil général,
Président du conseil d'administration du Centre d'action sociale de la Ville de Paris ;
Le Juge d'instance représentant le groupe de travail logement des magistrats
Le Président de la Chambre départementale des huissiers de justice
Le Directeur général de la Caisse d'allocations familiales

Pour les propriétaires privés :
Le Président de la Chambre syndicale des propriétaires
Le Président de l'Association des propriétaires sociaux
Le Délégué général de la Fédération Nationale des Agents Immobiliers (FNAIM) pour la région d'Ile de France
Le Président du Syndicat National des Professionnels Immobiliers (SNPI)

Pour les bailleurs sociaux :
Les délégués de l'AORIF (Directeurs généraux de l'OPAC et de la SA d'HLM Pax-Progrès Pallas)
Le Président de l'Association régionale des sociétés d'économie mixte d'Ile-de-France
Le Président de l'ADIL
Le Président de la FROILIF
Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre

 
 
 

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