| Vers une sortie de la loi de 1948 et le discours du Ministre du Logement | |||
| Vers une sortie progressive de la loi de 1948 | |||
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Lors du Congrès organisé le 18 octobre dernier à Nantes par lUnion nationale de la propriété immobilière, Gilles de Robien, ministre du Logement, de lEquipement et des Transports, a annoncé son intention dabroger la loi de 1948 qui encadre de façon exorbitante la progression des loyers des logements concernés. Il va falloir élaborer un retour au droit commun des baux loi de 1948 , a-t-il déclaré, en précisant que cet abandon ne concernera ni les personnes âgées, ni les revenus très modestes. Interrogé quatre jours plus tard à lAssemblée nationale par un député, Gilles de Robien a indiqué quune table ronde allait être organisée avec les propriétaires et les locataires pour décider en combien de temps il était possible de sortir du dispositif, les propriétaires proposant, quant à eux, un étalement du processus sur six à huit ans. Le ministre a aussi rappelé les effets pervers, au fil du temps, de la loi du 1er septembre 1948, linsuffisance de la rémunération du bailleur conduisant nécessairement à une absence dentretien et, parfois, au développement de lhabitat insalubre. Jaurai des discussions avec lAgence nationale damélioration de lhabitat pour que ses crédits soient davantage orientés dans cette direction , a-t-il ajouté.
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Discours de Gilles de Robien,
ministre de l'Équipement, des Transports, du Logement, du Tourisme
et de la Mer
Congrès de l'Union Nationale des Propriétaires
Immobiliers
- vendredi 18 octobre 2002 (Nantes) -
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Monsieur le Président, Je souhaite vous remercier de votre accueil et je vous assure que c'est avec beaucoup de plaisir et d'intérêt que j'ai écouté votre discours, Monsieur le Président |
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Vous avez d'abord rappelé ma volonté de concertation avec
tous les partenaires du logement. Je tiens effectivement à ce dialogue
permanent et à cette concertation et je vais vous dire pourquoi.
D'abord, parce que cette méthode a toujours guidé mon engagement
dans la vie publique. Ensuite parce que le secteur du logement, par sa
richesse, par sa complexité ne peut se comprendre sans cette concertation
vivante et productive. Il faut d'abord se mettre d'accord sur les objectifs
à rechercher et ensuite seulement réfléchir aux moyens
pour y parvenir. Cela veut dire aussi que je souhaite établir avec
vous des relations de confiance, car ce n'est pas en imposant d'en haut
des orientations, qu'on arrive à de bons résultats sur le
terrain. Vous comprenez mieux pourquoi au cours de ces derniers mois j'ai
fait le choix de ne pas m'exprimer avant d'avoir rencontré chacun
des partenaires, notamment à l'occasion des différents congrès
de cet automne. Maintenant sur le fond, il me semble crucial que ce nouveau gouvernement
reprenne le fil qui a été largement interrompu depuis 1997.
Je salue l'uvre accomplie par Hervé de Charette et Pierre-André
Perissol dans les gouvernements de Monsieur Balladur et de Monsieur Juppé.
Le travail accompli alors constituait un véritable changement de
cap. Malheureusement ce travail n'a pas pu être terminé et
il faut aujourd'hui le reprendre. Le principe était pourtant simple : ne pas opposer la location
privée et la location HLM qui participent tous les deux au logement
de nos concitoyens. Je l'ai déjà dit et je le redirai constamment,
il n'y a pas de véritable politique du logement qui ne prenne en
compte tous les statuts d'occupation, accession à la propriété
et location, qui ne prenne en compte aussi toutes les formes d'investissement,
construction et réhabilitation. C'est ce que j'appelle la chaîne
du logement. Vous êtes, bien sûr, au cur de cette chaîne du
logement. Vous avez véritablement une mission sociale. D'abord
parce que vous logez près d'un quart de la population nationale.
Et parce que vous logez aussi les plus pauvres d'entre eux : plus de la
moitié des locataires qui touchent une aide à la personne
sont logés par vous. Aujourd'hui il y a environ 1,2 millions de ménages qui demande
à être logés dans le parc HLM, qui ne peut faire face
à une telle demande. Faut-il qu'il y ait encore des centaines de
milliers de ménages qui les rejoignent ? Certainement pas. Comme bailleurs, vous rendez un service à l'ensemble de la nation.
Ce service doit effectivement être rémunéré
d'une façon équitable. En effet pour beaucoup de bailleurs
les revenus qu'ils tirent de la location, vous l'avez dit, sont souvent
des compléments de revenus indispensables au moment de la retraite
; ce sont aussi très souvent les revenus d'une épargne accumulée
tout au long d'une vie professionnelle. Quelles sont mes orientations ? c'est d'abord assurer le maintien du
parc existant, c'est ensuite faciliter son développement. Sur la sécurité des bailleurs, il faut distinguer entre
des situations extrêmement contrastées. Prenons par exemple,
un cas extrême: le squat. Je voudrais dire ici, que, évidemment
le squat n'est pas une bonne réponse à un problème
de logement ; car cela constitue non seulement une atteinte à la
propriété mais aussi une remise en cause du logement d'autres
personnes modestes ou en difficulté. En ce qui concerne les impayés
de loyer, je considère comme vous que vous avez droit à
percevoir la rémunération de votre capital et il ne faut
donc pas hésiter à procéder à l'expulsion
des mauvais payeurs. L'objectif pour moi, c'est que représentants des bailleurs et
représentants des locataires recherchent des solutions. Ce n'est
pas moi qui vais vous les donner aujourd'hui, car il y a encore beaucoup
de travail à faire. Mais je sais que si l'on discute sans a priori
nous pouvons y arriver. Les principes qui doivent nous guider sont à
la fois : garantir la rémunération effective des bailleurs
et permettre à des familles de bonne foi de rester dans leur logement. La réhabilitation maintenant. L'Anah reste pour moi l'outil indispensable
de réhabilitation du parc privé. Vous regrettez que les
aides qui vous sont apportées notamment en zone diffuse se réduisent.
Permettez-moi de ne pas partager entièrement votre opinion. Les
aides en diffus représentent la moitié du budget de l'Anah.
Mais si l'on veut donner sa pleine légitimité à cet
établissement public, il faut inscrire son action dans des priorités
claires qui à mon sens sont les trois suivantes : faciliter la
remise sur le marché de logements aujourd'hui vacants qui ne peuvent
pas être loués en l'état, réhabiliter des logements
très dégradés qui risquent de sortir de notre patrimoine
immobilier, promouvoir un développement durable dans l'habitation.
Cela est bien dans l'esprit de l'objectif assigné à l'Anah
lors de sa création qui était de préserver le parc
antérieur à 1948 grâce à sa réhabilitation. La loi de 1948 est une de vos préoccupations fortes, vous en avez
bien diagnostiqué plusieurs effets pervers : l'insuffisance de
rémunération conduit nécessairement à une
absence d'entretien et parfois au développement d'un habitat insalubre.
On ne peut pas consacrer à l'entretien du logement des revenus
que l'on ne perçoit pas. C'est du simple bon sens. Si l'on veut
sauver ce parc qui risque, sinon, d'être irrémédiablement
perdu, il faut que nous travaillions ensemble, vous les propriétaires
de ces logements, mais aussi les associations de locataires. Il faut nous asseoir autour d'une table pour élaborer le meilleur
mécanisme de retour au droit commun. En tout état de cause,
ce mécanisme devra être progressif et donc s'étaler
sur plusieurs années, comme d'ailleurs, vous le proposez. De vraies discussions nous attendent. Je souhaite qu'elles aboutissent
et que nous parvenions à nous mettre d'accord sur ce sujet important
pour vous mais aussi pour vos locataires. Vous avez évoqué la nécessité de mobiliser
de l'épargne en faveur de l'immobilier et de la retraite. C'est
un sujet qui m'intéresse ainsi que mes collègues des Finances
et du Budget. Nous étudierons vos propositions avec attention.
Je terminerai par la décentralisation. J'ai cru sentir une certaine
méfiance de votre part, Monsieur le Président, à
l'égard de cette démarche en ce qui concerne les aides de
l'Anah. Je voudrais vous dire, à partir de mon expérience
de maire, que l'habitat privé est autant que l'habitat social une
préoccupation des élus. Et si vous ne sentez pas ici ou
là un engagement fort de la part de certaines communes, c'est d'abord
parce que vous ne venez pas assez souvent à Amiens! et plus sérieusement
parce qu'on n'a pas encore donné aux maires les moyens et les compétences
de mener une politique locale du logement qui réponde aux besoins
des habitants. C'est bien l'objectif de la décentralisation. Mais
là aussi, cela se fera dans la concertation et vous avez votre
mot à dire ; n'hésitez pas à vous exprimer. En conclusion je ne pouvais pas aujourd'hui, apporter des réponses immédiates à toutes vos préoccupations, car après plusieurs années, où vous avez senti, à juste titre, un délaissement de la part des pouvoirs publics, il faut maintenant reprendre le dialogue et travailler ensemble pour que votre intérêt propre en tant qu'investisseur et l'intérêt collectif se rejoignent pour donner à la location privée la place qu'elle mérite dans le paysage immobilier. |
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| Sources : Ministère du Logement. | |||
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Sahnoun-Tavernier Samy